Contribution particulière aujourd’hui, pour faire partager mon "amour" pour les livres, leurs auteurs, leurs lignes et leurs histoires. Chaque année, France Inter ouvre les candidatures pour son fameux prix du livre Inter. A l’occasion, j’ai couché sur le papier le pourquoi du comment de cet attachement.
Non, je n’ai pas envoyé la lettre, là n’était pas le plus important. Le plus important, n’était-ce pas de faire le point sur soi-même?
"Lire… Pour s’évader, pour apprendre, pour découvrir de nouveaux horizons, pour se rapprocher de mondes connus ou inconnus…
Mon premier livre ? Je ne m’en souviens plus. Trop d’ouvrages accumulés dans un coin de ma tête pour retenir tous les titres. A mon plus grand désespoir. Mais c’est comme ça… Mon premier souvenir ? Les « Mystères de Carnac », une aventure policière à la sauce Le Club des Cinq arrangée d’une couleur bretonne. Mon premier coup de foudre ? L’agent secret de Graham Greene. Je devais être au collège et pour la première fois de ma – jeune - vie, j’ai compris pourquoi je lisais, pourquoi les livres existaient, pourquoi des hommes et des femmes se creusaient la tête pour aligner des phrases et des idées dans des cahiers aux pages blanches. Résumer la sensation serait difficile, mais aujourd’hui encore, après plusieurs années, je garde en souvenir un sentiment de « bleu à l’âme » devant cet homme solitaire. Un jour, c’est sûr, je le relirai et je le savourerai, comme une madeleine.
Lorsque j’avais quinze ou seize ans, prenant ma plus belle plume, j’avais déjà proposé ma candidature au prix du livre Inter, plus pour écrire mon plaisir de lire que pour participer au jury. Je me doutais bien que mon âge, et évidemment mon expérience littéraire n’étaient guère suffisants. Aujourd’hui, mes goûts littéraires sont plus sûrs, plus présents, même si beaucoup reste à faire et à lire… Paul Auster, Daniel Pennac, des « auteurs fétiches ». Un choix facile, tellement leur écriture et leur univers sont marqués.
Mon premier ouvrage de Paul Auster, c’était il y a seulement quelques mois. La trilogie new-yorkaise. Un nom noté sur un coin de carnet, « auteur à découvrir », une ville, attirante pour différentes raisons et un choix, basé finalement sur une erreur. Car New-York n’est finalement que très peu importante dans ces trois ouvrages. Tant pis, je me suis accrochée, à cette histoire d’écrivain. Tiens, en écrivant ces mots, je me rends compte que ce sentiment éprouvé pour le narrateur de Paul Auster, c’est le même que pour l’Agent Secret…Etrange attirance. Bref. A la fin du premier ouvrage, une colère sournoise est montée. Quoi ! Pas de fin hollywoodienne ? Non mais c’est du vol ! Remboursée ! Frustrée, je me suis attaquée tout de même au deuxième volume, puis au dernier. Pas de coup de foudre, mais la naissance d’un « amour littéraire » fidèle et sincère.
Pour Daniel Pennac c‘est différent… Même procédé que pour Paul Auster. Au détour de mes visites en librairie, la découverte de couvertures « rigolotes » de Tardi. Des livres de poches ressemblant plus à une bd, ça commence bien ! « Daniel Pennac », à lire… Janvier 2005, je franchis le pas, avec Messieurs les enfants. (Oui, je tiens un archivage précis de tous les ouvrages parcourus depuis plus de trois ans… Peur étrange d’oublier mes lectures …)
Et là, pauvre petite lectrice en manque d’action, de me prendre en pleine face cette écriture aux expressions savoureuses, aux idées déjantées mais tellement vraies… Comment n’y avais-je pas pensé… Pennac de passer du coq à l’âne dans un joyeux bordel, les personnages qui s’entrecroisent, les intrigues qui s’empilent dans le coin de la tête pour finalement exploser ensemble en feu d’artifice à la fin du roman… La tribu des Mallaussène, comme beaucoup de lecteurs est un peu devenue une partie de ma famille. Le petit et ses lunettes roses bonbon, Thérèse, qui rit lorsqu’elle se brûle, Julie, journaliste baroudeuse… Encore, encore crie mon imaginaire… Encore ! Des histoires folles, de l’amour, de l’action, du Pennac !"