Au départ, je ne savais pas s’il fallait le lire, s’il fallait le laisser de côté. Puis finalement, je suis passée à l’acte, après qu’Elodie m’en ait dit du bien.
Pourquoi le laisser de côté ? Peur que ce soit larmoyant, ce récit de 124 jours de captivité en Irak, peur que le pathos prenne le pas sur l’information.
Mémoires d’otages, de Christian Chesnot et Georges Malbrunot s’est en fait révélé une lecture intéressante et instructive.
Pour rappeler rapidement les faits, les deux journalistes pigistes, couvrant alors la guerre en Irak pour RFI et le Figaro principalement, sont pris en otage en août 2004. Leur libération n’interviendra que quatre mois plus tard, après de nombreux rebondissements, dont le plus médiatisé d’entre eux, l’affaire Didier Julia.
Plus qu’un simple témoignage – d’ailleurs rempli de pudeur -, cet ouvrage revient sur toute la négociation menée par les services secrets par le biais d’intermédiaires. Toute une partie cachée par les autorités. On se doute bien que tout ne transparaît pas dans ces lignes, mais les auteurs reviennent, avec leur vécu et leurs connaissances – rappelons qu’ils ont tous vécu plusieurs années dans des pays du Moyen-Orient – sur des faits importants sur le plan géopolitique et géostratégique actuel.
Loin du coup médiatique, je prends ce témoignage comme une sorte de remerciement à toutes celles et tous ceux qui les ont soutenu. "On vous doit quelques explications, et bien les voici".